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Section 4: Une définition de la santé mentale et du bien-être

Pour l’Organisation mondiale de la santé, la santé mentale est « un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté » (OMS, 2007). Au lieu de s’attarder sur l’incidence des interactions négatives sur la santé mentale, ce point de vue insiste sur les qualités positives qui permettent aux personnes de réussir et de prospérer dans la société, dont plusieurs touchent certains aspects des réseaux de soutien pour des familles et des enfants en santé et l’acquisition de solides compétences de communication sociales et interpersonnelles.

Caractéristiques d’une santé mentale positive:

  • Courage, optimisme, espoir, honnêteté, compétences interpersonnelles, éthique de travail et persévérance
  • Aptitude à apprécier la vie – Vivre le moment présent, apprécier le « maintenant ». Aptitude à apprendre du passé et à planifier l’avenir sans s’attarder sur ce qui ne peut être changé ou prévu.
  • Résilience – Aptitude à se relever après des moments difficiles, à gérer le stress sans perdre son optimisme.
  • Équilibre – Aptitude à jongler avec les divers aspects de la vie. Aptitude à apporter des changements pour rétablir l’équilibre, lorsque nécessaire.
  • Auto-actualisation – Reconnaissance et développement des forces individuelles pour atteindre le plein potentiel personnel.
  • Souplesse – Aptitude à ressentir et exprimer une vaste gamme d’émotions. Aptitude à résoudre des problèmes et à revoir les attentes.

http://mentalhealth.about.com/cs/stressmanagement/a/whatismental.htm

Les parents jouent un rôle très important dans le développement de ces caractéristiques de la santé mentale positive chez leurs enfants. Chaque enfant (et chaque parent) est unique et a un tempérament, une personnalité, des forces et des faiblesses qui lui sont propres. Les interactions entre ces facteurs et l’environnement, le patrimoine génétique et les défis de la vie rendent chaque relation parent-enfant un peu différente. Il n’y a pas de recette infaillible de succès, mais des auteurs comme Paul Tough (How Children  Succeed — Grit, Curiosity, and the Hidden Power of Character) décrivent sept traits de caractère qui sont la clé de la réussite d’un enfant, particulièrement la réussite scolaire :

  • Cran
  • Curiosité
  • Maîtrise de soi
  • Intelligence sociale
  • Enthousiasme
  • Optimisme
  • Gratitude

http://www.cbc.ca/news/world/story/2012/11/22/f-how-children-succeed-paul-tough.html

Développement de l’enfant

Les années fondatrices (la période entre la naissance et la fin de l’adolescence) sont marquées par la réalisation de plusieurs étapes du développement. Les étapes du développement correspondent à des compétences fonctionnelles ou des tâches propres à l’âge que la majorité des enfants peuvent accomplir dans une certaine tranche d’âge. Chaque étape qu’un enfant franchit est comme un moment phare ou un élément fondateur qui mène à la prochaine phase de changement. Le développement de l’enfant progresse habituellement selon quatre principaux domaines de compétence, soit :

Langage : Exprimer des besoins, des volontés et des pensées; employer un langage corporel et des gestes; comprendre les messages communiqués par autrui.

Mouvement et coordination musculaire : Utiliser les grands muscles (s’asseoir, se lever, marcher, courir, garder l’équilibre et changer de position) et les petits muscles (manger, dessiner, jouer, s’habiller, colorier) et développer la coordination main-œil. 

Jeu et interaction sociale : Établir des relations avec les autres, coopérer et réagir aux sentiments exprimés par les autres. 

Pensée et raisonnement : Apprendre, comprendre, résoudre des problèmes et se souvenir.

Il est naturel pour les parents de comparer les progrès de leur enfant à ceux d’autres enfants. Toutefois, bien que la majorité des enfants franchissent les étapes dans une plage d’âge moyen, chaque enfant se développe de façon unique et à un rythme qui lui est propre. La notion de « normalité » est modulée par une grande variété de facteurs comme le patrimoine génétique, la stimulation intellectuelle, les antécédents familiaux, les compétences parentales, la santé physique et mentale, la culture, la nutrition ainsi que des facteurs environnementaux et éducationnels. Tout en reconnaissant que chaque enfant se développe différemment, une connaissance générale des étapes fondatrices du développement permet d’alerter les parents ou les cliniciens en cas de développement atypique d’un enfant sourd ou malentendant. Les enfants qui tardent à franchir certaines étapes fondatrices peuvent présenter des retards dans un ou plusieurs domaines de développement. Le langage, le jeu et les interactions sociales, et la pensée et le raisonnement ont tous une influence importante sur le bien-être mental de l’enfant.

Développement du langage

Il est essentiel pour les parents d’établir un lien de communication avec leur enfant. Cet élément fondamental peut toutefois s’avérer le défi le plus important lorsque l’enfant est sourd ou malentendant. Peu importe que les parents décident d’avoir recours à la technologie auditive, comme des appareils auditifs ou des implants cochléaires pour aider leur enfant à communiquer, il est très important que l’enfant apprenne un langage – parlé, gestuel ou une combinaison des deux – à partir d’un très jeune âge. Le langage a un impact significatif sur le bien-être et la santé mentale positifs.

Jeu et développement social

Des compétences en langage social appropriées à l’âge sont nécessaires pour que les enfants établissent des relations sociales positives (Gallagher, 1993). Il a été démontré que l’incapacité à développer des réseaux sociaux entraîne une incidence accrue de problèmes psychosociaux et de problèmes de santé mentale. De plus, de piètres aptitudes sociales et une faible estime de soi en bas âge sont de forts indicateurs prévisionnels de comportements à l’âge adulte.

Des aptitudes sociales et interpersonnelles ont été liées à la promotion d’une estime de soi positive et du bien-être, dont :

  • penser de manière autonome
  • développer la maîtrise de soi
  • comprendre ses propres sentiments, besoins et motivations personnelles, et ceux des autres
  • comprendre et exprimer une vaste gamme d’émotions
  • apprendre des expériences passées pour prévoir l’avenir
  • réagir aux défis et aux obstacles en résolvant efficacement les problèmes
  • reconnaître et développer ses forces personnelles par la réalisation de soi
  • savoir s’adapter
  • naviguer efficacement dans diverses situations sociales
  • gérer les problèmes de communication
  • maintenir de saines relations avec les autres

Les recherches ont démontré que les enfants sourds ou malentendants de parents entendants peuvent présenter plusieurs années de retard par rapport à des enfants entendants de parents entendants relativement à leur développement de la théorie de l’esprit (Lundy, 2002) qui fait partie du développement social. Du Feu et Chovaz (2014) décrivent le désarroi que vivent les enfants sourds ou malentendants qui tentent de comprendre le comportement de leurs parents ou de leurs amis s’ils ne peuvent pas comprendre les pensées et les sentiments d’une autre personne (théorie de l’esprit). Un retard dans le développement de la théorie de l’esprit peut mener à une diminution de la réflexion sur les conséquences (Gray, Hosie, Russell et Ormel, 2003), un vocabulaire affectif moins développé, une compréhension et une reconnaissance moindres de l’émotion et de la régulation des émotions et de moindres habiletés d’adaptation (Johnson, 2012). Il est encourageant de savoir que des chercheurs étudient ces notions pour nous aider à mieux comprendre la meilleure façon d’aider ces enfants.

Un enfant sourd ou malentendant peut très bien réussir les étapes cruciales de développement social; l’accès au langage en est la clé. Le développement du langage est un processus interactif qui permet aux enfants sourds ou malentendants de participer pleinement dans leur environnement.

Il n’est jamais trop tôt pour travailler sur ces domaines de compétences sociales. Tout jeune enfant peut être guidé par ses parents et par le personnel scolaire qui l’entoure et développer ces compétences à un degré approprié à son âge. Le développement de ces compétences permettrait d’éviter l’apparition de conséquences sociales négatives et la diminution du bien-être et de l’estime de soi.

Le lien ci-dessous mène à un article présentant de l’information complémentaire sur l’incidence du fait d’être sourd ou malentendant sur le développement psychosocial :

http://jdsde.oxfordjournals.org/content/5/4/349.full.pdf

Pensée et raisonnement

Les enfants sourds ou malentendants ont la capacité d’atteindre les mêmes étapes cognitives et développementales que les enfants ayant une audition normale. Qu’ils soient sourds, malentendants ou entendants, tous les enfants peuvent se situer dans la moyenne en matière d’intelligence, certains étant plus doués et d’autres présentant des retards de développement. Les enfants sourds ou malentendants peuvent avoir des difficultés en lecture et en écriture attribuables à des retards dans la progression scolaire et l’acquisition de compétences de littératie, ce qui affecterait la santé mentale et l’estime de soi des enfants (Hindley, 2005). Ces difficultés peuvent être associées à des problèmes de langage ou encore d’accès au monde qui les entoure, et non une question d’intelligence.

Atteinte de perte auditive et occurrence de problème de santé mentale

Les enfants sourds ou malentendants peuvent avoir et ont une vie affective saine. Tout comme les enfants ayant une audition normale, certains excelleront dans leurs études et leurs relations et d’autres connaîtront des difficultés, y compris une éducation déficiente, des mauvais choix et des comportements délinquants. Les parents et le personnel scolaire souhaitent ce qu’il y a de mieux pour leurs enfants et leurs élèves. Il est donc essentiel qu’ils soient sensibilisés aux facteurs de risque potentiels qui pourraient accroître les possibilités qu’un enfant ou un jeune se retrouve avec un problème de santé mentale, qu’ils apprennent des stratégies qui leur permettront de promouvoir une meilleure santé et qu’ils connaissent les ressources disponibles s’ils sont préoccupés.

Une perte auditive n’est pas un problème de santé mentale et ne prédispose pas forcément un enfant à avoir un problème de santé mentale. Pour tous les enfants, certains facteurs de risque, comme le patrimoine génétique, la biologie, l’environnement, les relations parents-enfant, les infections et la maladie, peuvent accroître le risque de problèmes de santé mentale. La perte auditive n’est pas responsable des troubles et n’est pas un trouble. Toutefois, il y a diverses conséquences qui peuvent être associées à la perte auditive et, indirectement ou directement, augmenter le risque de problèmes de santé mentale. L’étiologie, ou la cause, de la perte auditive fait partie des facteurs. Par exemple, un enfant qui a perdu l’ouïe en raison d’une méningite (une infection de la couche protectrice du cerveau) peut également connaître des difficultés dans les domaines touchant l’apprentissage ou le raisonnement. Dans ce cas, la perte auditive n’est pas la cause du trouble de santé mentale, mais elle y est associée.

Il y a d’autres facteurs de risque associés au fait d’être sourd ou malentendant, notamment :

  • naissance prématurée
  • fortes fièvres
  • infections
  • syndromes génétiques
  • retard de langage
  • rubéole
  • cytomégalovirus (CMV)
  • diagnostic tardif de perte auditive

Tous ces facteurs de risque peuvent avoir une incidence sur la santé mentale et le bien-être d’un enfant. Par conséquent, les parents qui sont conscients des facteurs de risque sont mieux placés pour aider leur enfant au cours des années fondatrices.

Problèmes de santé mentale

Certaines recherches ont démontré que les enfants atteints d’une perte auditive seraient plus susceptibles de présenter des problèmes de santé mentale et des problèmes psychosociaux que leurs pairs ayant une audition normale. Santé mentale pour enfants Ontario estime que 1 enfant canadien sur 5 sera aux prises avec un trouble mental. On peut comprendre que les enfants sourds ou malentendants, qui seront possiblement confrontés à de plus grands défis, sont plus à risque de vivre de la détresse (Du Feu et Chovaz, 2014). La recherche chiffre l’incidence des difficultés émotionnelles comme étant de 3 à 6 fois plus élevée chez les enfants d’âge scolaire sourds ou malentendants que chez les enfants ayant une audition normale (Santé Canada, 1994; Hindley, 1997; 2000; 2005).

 Les enfants sourds ou malentendants peuvent avoir les mêmes troubles mentaux que les autres enfants, y compris des problèmes de comportement (impulsivité, hyperactivité) ou des difficultés socioaffectives (anxiété, dépression). De plus, les enfants atteints d’une perte auditive sont de 3 à 4 fois plus susceptibles d’être atteints d’un autre trouble handicapant que les enfants ayant une audition normale. Les problèmes de vision, les difficultés motrices et les difficultés d’apprentissage font partie de ces troubles et peuvent tous avoir un impact sur la santé mentale.

 L’enfant qui porte des prothèses auditives est confronté à des défis uniques dans les contextes familiaux, sociaux et scolaires. La technologie auditive actuelle ne remplace pas parfaitement l’audition normale et les enfants atteints d’une perte auditive continuent d’être confrontés à des défis quant à l’accès à l’information auditive et à son traitement. Des situations comme les conversations à plusieurs interlocuteurs lors d’interactions en petit ou en grand groupe et les situations où les bruits ambiants ou d’autres circonstances rendent les conditions d’écoute difficiles peuvent présenter d’immenses difficultés pour les enfants portant des appareils, même de technologie avancée, et s’avèrent particulièrement problématiques pour les enfants qui sont dans la période d’apprentissage du langage (Flexer, 2011).

Les tendances actuelles vers l’éducation des enfants au sein des collectivités locales font en sorte qu’il arrive souvent qu’il y ait un seul enfant atteint d’une perte auditive dans une école en particulier. Les enfants qui utilisent la langue parlée et qui portent un appareil auditif peuvent se sentir moins intéressants et moins bien acceptés socialement que leurs pairs ayant une audition normale en raison de leur besoin de porter un appareil auditif (Cappelli et coll., 1995). Souvent, ces appareils auditifs sont visibles et peuvent attirer l’attention, ce qui entraîne une explication verbale. Ces enfants et leurs parents peuvent être confrontés à des questions auxquelles ils préféreraient ne pas répondre à propos des appareils ou de la perte auditive. Le manque de sensibilisation du grand public en matière de perte auditive, en général, et de perte auditive chez les enfants, en particulier, peut rendre cette situation particulièrement difficile. Les enfants doivent avoir le langage et la confiance nécessaires pour être en mesure de répondre à ces questions d’une manière socialement acceptable et confiante.

Les enfants qui utilisent la langue gestuelle et comptent sur un interprète en langue gestuelle en classe font face à des défis similaires quant à leur situation unique et très visible. De plus, ces enfants peuvent être écartés des interactions avec leurs pairs pendant les récréations, les pauses ou le trajet en autobus alors qu’ils ne sont plus accompagnés par l’interprète. Cette situation peut contribuer aux sentiments de solitude et d’isolement et mener à une diminution des possibilités d’apprentissage social. En résumé, les enfants sourds ou malentendants qui se trouvent dans un environnement intégré peuvent se retrouver dans une situation où ils ont moins de possibilités d’acquérir les aptitudes sociales appropriées à leur âge, nécessaires pour développer des liens d’amitié et interagir avec leurs pairs, et plus de difficultés à les acquérir. 

Familles

Les familles où grandit un enfant sourd ou malentendant peuvent réussir aussi bien que les autres familles et être confrontées aux mêmes défis. Pour certaines familles, le diagnostic de surdité ou d’atteinte auditive de leur bébé peut entraîner un changement de la dynamique familiale et avoir des conséquences sur plusieurs aspects de la vie familiale. Les effets peuvent toucher la relation conjugale, les interactions entre un parent et l’enfant, les relations avec les frères et les sœurs, les relations avec les membres de la famille étendue, les réunions familiales et les activités familiales quotidiennes. Par exemple, la présence d’un enfant sourd ou malentendant peut avoir des conséquences sur les choix professionnels paternels et limiter la durée des périodes de loisirs familiales en raison des responsabilités supplémentaires qui en résultent. Les frères et sœurs peuvent se sentir négligés ou éprouver de la rancune en raison de l’attention accrue accordée à l’enfant sourd ou malentendant. Les membres de la famille étendue peuvent éprouver le même type de processus de chagrin et acceptation qui suit le diagnostic. Un conflit entre les parents de l’enfant peut survenir en raison des différents degrés de responsabilité perçue ou de différences de points de vue, priorités ou préférences au moment de prendre des décisions.

Des éléments clés peuvent aider les parents entendants à créer un environnement familial qui permettra le développement social et affectif de leur enfant sourd ou malentendant :

  • Obtenir un diagnostic précoce de la surdité ou de la perte auditive et l’aide d’un professionnel pour améliorer significativement le fonctionnement général et augmenter l’estime de soi.
  • Promouvoir un attachement précoce, le soutien familial et l’acceptation de l’enfant.
  • Offrir à l’enfant des expériences de vie adéquate pour qu’il apprenne les comportements et les attitudes appropriés en famille et en société.
  • Trouver un équilibre dans l’encouragement de l’enfant à l’exploration (la restriction et la surprotection peuvent nuire à l’autonomie).
  • Renforcer les forces de l’enfant pour stimuler les sentiments de compétence plutôt que l’infériorité.
  • Encourager l’utilisation de la technologie et d’Internet, qui peuvent donner accès à l’information et permettre des contacts sociaux.
  • Offrir des occasions de relations sociales, bâtir des réseaux sociaux à l’école, mais aussi au foyer et dans la collectivité.
  • Encourager les expériences sociales avec les pairs sourds pour que l’enfant se sente à l’aise et se reconnaisse dans la culture sourde.
  • Encourager la participation aux activités parascolaires.
  • Présenter à l’enfant des adultes sourds ou malentendants, des modèles de comportement et des mentors.
  • Rechercher des professionnels compétents, éduqués et attentifs qui travailleront avec l’enfant et la famille.
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